L’EFT (Emotional Freedom Technique)

Mettre des mots sur ce que l’on ressent tout en revenant au corps

Il arrive que nous comprenions très bien une émotion sans pour autant parvenir à nous en détacher immédiatement. Nous savons parfois pourquoi une situation nous touche, pourquoi une pensée revient ou pourquoi une réaction semble disproportionnée, mais le corps continue malgré tout à réagir.

C’est dans cet espace entre ce que nous comprenons et ce que nous ressentons encore que l’EFT peut devenir une pratique intéressante à découvrir.

L’EFT, pour Emotional Freedom Technique, associe l’attention portée à une émotion ou à une situation précise à de légers tapotements réalisés avec les doigts sur différents points du visage et du haut du corps.

Au Centre Arc En Ciel, je l’intègre comme un outil complémentaire de régulation émotionnelle et de présence corporelle. Il ne s’agit pas de faire disparaître artificiellement une émotion, mais plutôt de lui donner un espace, d’observer comment elle se manifeste et d’expérimenter une manière différente de rester en relation avec ce que l’on ressent.

L’EFT peut être découverte dans certains accompagnements ainsi que dans le deuxième module du Parcours Arc En Ciel, consacré à l’expérience corporelle et à l’exploration de différentes pratiques.

Qu’est-ce que l’EFT ?

L’EFT est une pratique contemporaine souvent décrite comme une forme de « tapping », ou tapotement.

Le principe est assez simple. Une personne porte son attention sur une émotion, une pensée, une situation ou une sensation corporelle, tout en tapotant doucement avec le bout des doigts certains points traditionnellement rapprochés de ceux utilisés en acupression.

Ce qui m’intéresse dans cette pratique n’est pas uniquement la séquence de tapotements.

C’est surtout le fait qu’elle associe plusieurs dimensions en même temps : mettre des mots sur une expérience, observer ce qu’elle provoque dans le corps et effectuer un geste physique simple qui aide à rester présent à ce qui est vécu.

L’EFT ne demande donc pas de nier une émotion ou de répéter que tout va bien lorsque ce n’est pas le cas.

Au contraire, la pratique commence généralement par reconnaître ce qui est réellement présent.

Commencer par reconnaître ce que l’on ressent

Nous avons parfois appris à lutter immédiatement contre certaines émotions.

Nous voulons arrêter d’avoir peur.

Ne plus être triste.

Ne plus penser à une situation.

Ne plus nous sentir en colère.

Cette réaction est compréhensible, mais elle peut aussi créer une seconde tension : à l’émotion elle-même s’ajoute le sentiment qu’elle ne devrait pas être là.

Dans une pratique d’EFT, nous pouvons commencer différemment.

Il ne s’agit pas de dire que l’émotion est agréable ou souhaitable. Il s’agit simplement de reconnaître qu’elle existe à cet instant.

Une inquiétude est présente.

Une tension apparaît dans la poitrine.

Une pensée revient.

Une situation continue à nous toucher.

À partir de là, nous pouvons commencer à travailler avec ce qui est réellement vécu plutôt qu’avec ce que nous aimerions déjà ne plus ressentir.

Le lien entre les mots et le corps

Une émotion n’est pas toujours uniquement une idée.

Elle peut avoir une dimension très corporelle.

Nous pouvons sentir le ventre se nouer avant une situation difficile, la gorge se serrer lorsque nous sommes émus ou la respiration changer lorsqu’une inquiétude apparaît.

L’EFT permet d’accorder une place à cette dimension.

Lorsque nous évoquons une situation tout en pratiquant les tapotements, nous pouvons observer ce qui évolue dans notre expérience.

Est-ce que la sensation reste identique ?

Est-ce qu’elle se déplace ?

Une nouvelle pensée apparaît-elle ?

L’émotion devient-elle plus claire ?

Ou est-elle simplement encore présente ?

Il n’est pas nécessaire que quelque chose change immédiatement pour que l’exercice ait du sens. Le premier intérêt peut simplement être de prendre conscience plus précisément de ce que nous vivons.

Comment se pratique l’EFT ?

Une séance commence généralement par identifier ce sur quoi nous souhaitons porter notre attention.

Cela peut être une émotion relativement simple, une inquiétude actuelle, une situation précise ou une réaction qui revient régulièrement.

Il est souvent utile d’éviter de commencer avec quelque chose de trop vaste.

« Je suis anxieux » peut par exemple être difficile à explorer parce que cela recouvre parfois beaucoup de situations différentes.

« Je sens une tension lorsque je pense à la réunion de demain » est déjà beaucoup plus précis.

Cette précision permet de rester en relation avec une expérience concrète plutôt qu’avec une idée très générale.

Évaluer ce qui est présent

Avant de commencer, nous pouvons prendre quelques instants pour observer l’intensité de ce que nous ressentons.

Il ne s’agit pas d’obtenir une mesure scientifique.

Une simple estimation subjective peut suffire.

Ce qui nous intéresse est surtout de créer un point de comparaison.

Comment est-ce que je vis cette situation maintenant ?

Qu’est-ce que je ressens dans mon corps lorsque j’y pense ?

Quelle est l’émotion la plus présente ?

Cette observation permet ensuite de revenir vers la même question après quelques minutes de pratique.

Trouver les mots justes

Une partie de l’EFT consiste à associer les tapotements à des phrases qui restent proches de l’expérience réelle.

Je préfère toujours une formulation sincère à une affirmation positive que la personne ne ressent absolument pas.

Si quelqu’un se sent très inquiet, lui demander de répéter immédiatement « je suis parfaitement calme » risque de créer davantage de décalage que d’apaisement.

Nous pouvons commencer beaucoup plus simplement :

« Même si cette situation me préoccupe encore, je peux prendre quelques instants pour observer ce que je ressens. »

Ou :

« Quand je pense à cette situation, je remarque cette tension dans mon corps. »

Les mots ne servent pas à convaincre artificiellement le cerveau.

Ils permettent plutôt de maintenir l’attention sur l’expérience avec suffisamment de recul pour pouvoir l’observer.

Les tapotements

La pratique utilise une succession de tapotements légers réalisés avec le bout des doigts sur différents points du visage, des mains ou du haut du corps selon la méthode employée.

Ces points sont historiquement associés par l’EFT à certaines références issues de l’acupression et des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise.

Je préfère présenter cette dimension pour ce qu’elle est : le cadre traditionnel dont la méthode s’est inspirée, et non une cartographie anatomique médicale démontrée.

Il n’est pas nécessaire d’adhérer à une conception particulière de « circulation énergétique » pour expérimenter l’EFT.

On peut aussi l’aborder très concrètement comme une pratique combinant attention, verbalisation, stimulation tactile et observation corporelle.

Il n’est pas nécessaire de tapoter parfaitement

Lorsque l’on découvre l’EFT, on peut rapidement se demander si l’on utilise exactement le bon point ou si l’on respecte parfaitement l’ordre de la séquence.

Je préfère éviter que cette recherche de précision devienne une nouvelle source de tension.

Pendant une initiation, les principaux points et le déroulement de la pratique sont expliqués progressivement.

Avec un peu d’expérience, le geste devient plus naturel.

L’essentiel reste la qualité de présence à ce qui est vécu.

L’EFT n’est pas un examen à réussir.

Observer ce qui change, mais aussi ce qui ne change pas

Après une première séquence de tapotements, nous pouvons revenir vers la situation de départ.

Comment est-ce que je la ressens maintenant ?

L’intensité a-t-elle changé ?

Une autre émotion est-elle apparue ?

La sensation corporelle est-elle différente ?

Il arrive qu’une émotion diminue rapidement.

À d’autres moments, elle évolue très peu.

Parfois, une autre partie de la situation devient plus claire.

Toutes ces possibilités existent.

Il serait irréaliste de présenter l’EFT comme une technique capable d’effacer systématiquement une émotion en quelques minutes.

Le travail émotionnel n’est pas toujours linéaire.

Lorsque l’émotion évolue pendant l’exercice

Une expérience peut commencer par de la colère et laisser ensuite apparaître de la tristesse.

Une peur peut révéler une inquiétude plus précise.

Une sensation de tension peut rappeler une situation particulière.

Ce mouvement est intéressant parce qu’il montre parfois que l’émotion avec laquelle nous avons commencé n’était qu’une partie de l’expérience.

Nous pouvons alors ajuster les mots utilisés et poursuivre autour de ce qui vient réellement d’apparaître.

L’EFT devient moins une formule répétée qu’un dialogue progressif avec son propre ressenti.

EFT et régulation émotionnelle

J’utilise volontiers l’expression régulation émotionnelle plutôt que celle de suppression émotionnelle.

Réguler ne signifie pas ne plus ressentir.

Cela signifie pouvoir rester davantage en relation avec une émotion sans qu’elle prenne nécessairement toute la place.

Une émotion peut continuer d’exister tout en devenant plus facile à observer.

Nous pouvons parfois retrouver suffisamment de recul pour réfléchir autrement à la situation.

Dans cette perspective, l’EFT peut constituer un outil parmi d’autres permettant de développer une relation plus consciente avec ce que nous ressentons.

EFT et approche psychocorporelle

L’EFT trouve naturellement sa place dans une démarche psychocorporelle parce qu’elle ne sépare pas complètement la pensée du corps.

Nous parlons d’une situation tout en restant attentifs à ce qu’elle provoque physiquement.

Le geste répétitif des tapotements maintient également une dimension corporelle pendant tout l’exercice.

Cette association peut être intéressante pour les personnes qui ont tendance à analyser énormément leurs difficultés sans toujours remarquer ce qu’elles ressentent physiquement.

La question n’est alors plus uniquement :

« Pourquoi est-ce que je réagis comme cela ? »

Elle devient aussi :

« Qu’est-ce qui se passe en moi lorsque j’évoque cette situation maintenant ? »

EFT et pleine conscience

Il existe également un point de rencontre avec la pleine conscience.

Dans les deux cas, nous apprenons à remarquer ce qui est présent.

La différence est que l’EFT propose une démarche plus active.

La pleine conscience peut nous inviter à observer simplement une émotion ou une sensation.

L’EFT ajoute les tapotements et une verbalisation destinée à rester en contact avec un thème précis.

Les deux pratiques peuvent donc être complémentaires.

Certaines personnes apprécieront davantage l’observation silencieuse de la méditation. D’autres trouveront plus facile de rester présentes lorsqu’un geste et des mots accompagnent l’expérience.

EFT et respiration

Il n’est pas nécessaire d’utiliser une respiration très particulière pour pratiquer l’EFT.

Mais le souffle reste un repère intéressant.

Lorsque nous évoquons une situation émotionnellement chargée, nous pouvons remarquer que la respiration devient plus courte ou que nous la retenons légèrement.

Prendre le temps de respirer naturellement entre deux séquences permet de revenir au corps et d’observer l’état du moment.

L’objectif n’est pas de contrôler chaque inspiration.

Il s’agit simplement de ne pas oublier que la respiration fait elle aussi partie de l’expérience.

EFT et pensées répétitives

Certaines pensées semblent tourner en boucle.

Nous rejouons une conversation.

Nous imaginons plusieurs fois un scénario futur.

Nous repensons à ce que nous aurions dû dire.

Dans ce type de situation, l’EFT peut offrir quelque chose de très simple : un cadre permettant d’interrompre momentanément la répétition automatique.

Au lieu de suivre une nouvelle fois toute la pensée jusqu’au bout, nous pouvons choisir une partie précise de ce qui nous préoccupe, remarquer l’émotion correspondante et revenir au corps pendant les tapotements.

La pensée ne disparaît pas forcément.

Mais notre manière d’être avec elle peut évoluer.

EFT et anxiété du quotidien

L’EFT est parfois utilisée autour de situations qui provoquent de l’appréhension : un rendez-vous, une prise de parole, une conversation difficile ou une échéance particulière.

Dans ces situations, l’exercice peut permettre de préciser ce qui nous inquiète réellement.

Il est fréquent de découvrir qu’une inquiétude très générale recouvre en réalité une peur beaucoup plus précise.

Peur d’être jugé.

Peur de ne pas savoir répondre.

Peur de décevoir.

Peur de perdre le contrôle.

Pouvoir mettre des mots plus précis sur cette expérience constitue déjà une étape importante.

L’EFT peut ensuite accompagner ce temps d’observation.

EFT et expériences difficiles

La prudence devient particulièrement importante lorsque nous travaillons autour d’expériences traumatiques ou de souvenirs très chargés émotionnellement.

Il peut être tentant de vouloir utiliser une technique seul pour « régler » rapidement une expérience ancienne.

Je ne recommande pas cette logique.

Certains souvenirs peuvent réactiver des émotions très intenses, des sensations corporelles importantes ou un sentiment de débordement.

Dans ce cas, le travail doit être adapté à la personne et réalisé dans un cadre thérapeutique suffisamment sécurisant.

L’EFT peut éventuellement être intégrée à un accompagnement, mais elle ne remplace pas une psychothérapie du traumatisme lorsque celle-ci est nécessaire.

Commencer par ce qui est supportable

Lorsqu’une situation est très chargée, il n’est pas toujours nécessaire de l’explorer directement dans son ensemble.

Nous pouvons travailler autour d’un élément plus accessible.

La pensée qui apparaît aujourd’hui.

Une sensation corporelle précise.

L’appréhension d’évoquer le sujet.

Ou simplement ce qui se passe lorsque nous nous en approchons.

Cette progression respecte davantage la capacité de la personne à rester présente.

Je préfère toujours avancer suffisamment lentement pour que l’exercice reste un espace d’exploration plutôt qu’une confrontation forcée.

L’EFT ne remplace pas la psychothérapie

L’EFT est un outil.

Elle n’est pas une psychothérapie complète à elle seule et ne permet pas de résumer toute la complexité d’une personne à une série de points à tapoter.

Certaines difficultés nécessitent du temps.

Elles nécessitent parfois de comprendre l’histoire, les relations, les croyances, les mécanismes de protection ou les expériences qui ont participé à leur construction.

L’EFT peut alors trouver une place ponctuelle dans ce travail.

Une séance de psychothérapie peut parfaitement se dérouler sans EFT.

À un autre moment, quelques minutes de tapping peuvent constituer une manière pertinente d’explorer ce qui vient d’émerger.

C’est toujours la personne et son besoin qui doivent guider le choix de l’outil, et non l’inverse.

Que signifie EFT ?

EFT signifie Emotional Freedom Technique, généralement traduit en français par Technique de libération émotionnelle.

Elle est également souvent appelée « tapping » en raison des tapotements utilisés pendant la pratique.

Est-ce que les tapotements font mal ?

Non.

Ils sont réalisés légèrement avec le bout des doigts. L’objectif n’est pas de provoquer une douleur.

Dois-je croire aux méridiens pour pratiquer l’EFT ?

Non.

L’EFT s’est inspirée de points issus du cadre traditionnel de l’acupression, mais il est possible de découvrir la pratique sans adhérer à une conception particulière de l’énergie.

Dois-je parler de mon problème à voix haute ?

Pas nécessairement dans tous les contextes.

Pendant un accompagnement, nous pouvons adapter la manière de travailler à ce que vous êtes prêt à partager. L’essentiel est que vous puissiez rester suffisamment en contact avec l’expérience que vous souhaitez explorer.

L’EFT peut-elle faire disparaître une émotion en quelques minutes ?

Il arrive que l’intensité ressentie évolue rapidement, mais ce n’est ni systématique ni garanti.

Certaines expériences nécessitent davantage de temps et parfois un travail thérapeutique plus large.

Puis-je pratiquer seul ?

Oui, une fois les bases comprises, certaines séquences peuvent être utilisées de manière autonome pour des situations émotionnelles relativement simples.

Pour les expériences traumatiques ou très intenses, il est préférable d’être accompagné.

Est-ce une forme d’acupuncture ?

Non.

L’EFT n’utilise pas d’aiguilles. Elle utilise des tapotements avec les doigts sur certains points corporels.

Peut-elle remplacer une psychothérapie ?

Non.

L’EFT constitue un outil complémentaire et peut éventuellement être intégrée dans un accompagnement psychothérapeutique lorsqu’elle paraît pertinente.

Est-ce adapté à tout le monde ?

La pratique est simple sur le plan physique, mais le thème travaillé peut parfois faire apparaître des émotions importantes. Elle doit donc toujours être adaptée à la personne, à son histoire et à ce qu’elle peut accueillir à ce moment-là.

Découvrir l’EFT au Centre Arc En Ciel

Une autre manière d’écouter ce que l’émotion essaie de nous dire

Nous cherchons parfois tellement à ne plus ressentir une émotion que nous oublions de commencer par l’écouter.

L’EFT propose un temps différent.

Nous pouvons reconnaître ce qui est présent, lui donner des mots, revenir vers le corps et observer progressivement ce qui évolue.

Parfois beaucoup de choses bougent.

Parfois seulement un peu.

Et parfois le principal changement consiste simplement à pouvoir regarder son expérience avec davantage de recul.

C’est ainsi que j’aime utiliser l’EFT au Centre Arc En Ciel : non pas comme une solution magique, mais comme un outil supplémentaire permettant de mieux comprendre ses réactions et de développer une relation plus consciente avec ses émotions.